A 40 ans, le SNA souhaite sortir de l'ombre…

La dernière assemblée générale du Syndicat des accouveurs a été l’occasion de revenir sur une histoire longue de 40 ans et de rendre hommage aux différentes personnalités qui ont permis de faire évoluer et progresser le monde de l’accouvage français. L’heure est aujourd’hui à la communication avec le grand public.

sna-groupeL’âge de la maturité atteint, le Syndicat national des accouveurs (SNA) a exprimé le désir « de se faire connaître » à l’occasion de la der- nière assemblée générale le 7 octobre à Saint-Malo, marquée également par la célébration de son 40ème anni- versaire. « Nous sommes longtemps restés cachés… Aujourd’hui, notre vo-lonté est d’être proactif dans la com- munication, d’expliquer ce que l’on fait, de répondre aux enjeux sociétaux (bien-être animal, antibiorésistance principalement) », ont expliqué Louis Perrault, président du SNA, Estelle Le Helloco, présidente du comité dinde et Benoît Gourmaud, membre du bureau. L’objectif est de construire une relation de confiance avec le grand public.

Une charte Bien-être en préparationCette volonté de répondre aux enjeux sociétaux se manifeste par la rédaction de chartes répertoriant les bonnes pratiques que les acteurs de l’accouvage français s’engagent à respecter en apposant leur signature. Ainsi, après avoir lancé l’an passé la charte du bon usage des traitements médicamenteux, c’est désormais une charte Bien-être qui est en cours d’élaboration. Le principe de la démarche est de mobiliser toutes les entreprises autour d’un référentiel fédérateur et évolutif. L’accent est mis sur la formation, la mise en place de bonnes pratiques ainsi que leur évaluation via des audits internes et externes.« Nous sommes à l’écoute des attentes sociétales et l’on sait s’adapter. Nous avons l’habitude de relever les challenges, nous l’avons déjà prouvé dans les domaines sanitaire et environnemental, mais il nous faut du temps, plus ou moins selon la faisabilité des changements à opérer et la situation économique des entreprises », explique Estelle Le Helloco.

Un maillon clé malmené par l’IAbe-poussinChiffres à l’appui, le SNA présente le secteur de l’accouvage français comme un « maillon fort travaillant en relation étroite avec les pouvoirs publics, les instances professionnelles françaises et européennes (Erpa et Elpha*) et les organismes de recherche (Anses, Itavi, Inra) intervenant dans le secteur avicole ». Poule pondeuse, poulet de chair, dinde, pintade, canard, oie, caille et gibiers (faisan perdrix), toutes ces espèces sont représentées au sein du syndicat qui fédère 84 entreprises pour un chiffre d’affaires total de 970 millions d’euros dont 268 M€ réalisés à l’export dans une centaine de pays.Un maillon toutefois malmené par la récente épizootie d’Influenza aviaire et la fermeture des frontières de nombreux pays tiers qui en a découlé. « La baisse du chiffre d’affaires est de l’ordre de 25 % en moyenne avec des situations très variables selon les entreprises en fonction de leur positionnement à l’export », a précisé Louis Perrault. Et concernant certains pays, la perte pour l’accouvage français s’inscrit ou risque de s’inscrire malheureusement sur le long terme… En effet, certains clients ont dû trouver à s’approvisionner ailleurs, d’autres qui avaient développé des productions spécifiques que seul l’accouvage français est en mesure de proposer n’ont pas pu se retourner vers des solutions de secours et pourraient abandonner leur activité.

« Certains de nos clients iraniens ont choisi de mettre en place leurs propres cheptels reproducteurs », signale Estelle Le Helloco, directrice du couvoir dinde éponyme.

Néanmoins, les responsables du syndicat ont salué les décisions prises par les pouvoirs publics français qui ont permis d’éviter un embargo sur la France entière, et imposé un renforcement du dispositif de biosécurité. Les analyses effectuées sur les cheptels palmipèdes reproducteurs sur tout le territoire français et l’avifaune sauvage ont également permis de rassurer les autres pays sur le sérieux de la démarche française, sont-ils convaincus.

Investissement et recrutement…Reste à ce que la France retrouve son statut indemne d’IA, ce que toute la filière avicole française espère pour le début d’année 2017. Mais il va falloir négocier pays par pays pour la réouverture des marchés et les services de l’Etat sont à ce titre très précieux. Car « si certains pays comme le Japon ou Taïwan respectent les règles de l’OIE, pour d’autres c’est plus compliqué comme la Chine par exemple », souligne Louis Perrault.Un autre point stratégique pour le secteur de l’accouvage français est de renouveler et de rajeunir ses équipes. « Notre profession est en pleine évolution technologique, c’est un métier dans l’ère du temps et pas de l’ancien temps, il faut le faire savoir pour pouvoir attirer les jeunes et les compétences dans notre branche de métiers », déclare Estelle Le Helloco.La capacité à investir doublée de la capacité à mettre en place les meilleures équipes doit permettre à l’accouvage français de garder son niveau d’excellence sanitaire et faire face à la concurrence, notamment polonaise.

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