Négociations commerciales : prendre en compte le coût de la transition

18 octobre 2021 - Filières Avicoles

Depuis fin 2020, l’augmentation du coût de l’alimentation des volailles a augmenté de près de 30 %. Si les représentants des filières ont eu gain de cause en volaille de chair, il n’en est pas de même pour la filière œuf, qui souffre en sus d’une course effrénée à la transition vers le plein air.

Alors que les négociations avec la grande distribution redémarrent, Jean-Michel Schaeffer invite les acteurs de la distribution et de la restauration à prendre en compte la hausse des coûts de production.

« La loi EGAlim 2, qui renforce les dispositifs de la première loi EGAlim en rendant non négociable le prix des produits agricole doit, je l’espère, nous permettre d’éviter des hivers comme celui que nous avons connu l’année dernière en matière de négociations commerciales », souligne-t-il. Il invite les interprofessions à accélérer leur travail sur la construction des indicateurs de coûts de production. « Les indicateurs “aliment” c’est bien, les indicateurs qui prennent en compte l’ensemble des coûts de production, c’est mieux ! ». Un coût de production qui englobe l’alimentation, mais aussi le travail, l’énergie, les bâtiments sans oublier toutes les nouvelles exigences en matière de bien-être animal.

« Les éleveurs ne perçoivent pas vraiment les fruits des nouvelles pratiques qu’ils mettent en place », rappelle-t-il.

L’exemple le plus criant est sans doute celui de l’œuf bio, très sollicité par les distributeurs et les consommateurs, qui fait aujourd’hui face à une saturation du marché.

« D’un côté des éleveurs de poules pondeuses en cage sont en grandes difficultés, car ils n’ont pas de solution de transition, et de l’autre nous observons des éleveurs de poules pondeuses bio à qui on dit “désolé, il y a trop d’œufs bio sur le marché, on te remettra en place des poules dans 3 mois”… c’est inacceptable ! », martèle Jean-Michel Schaeffer.

Des éleveurs « cage » qui ont parfois encore des annuités importantes à rembourser, et pas de solutions de transition, ou alors avec des niveaux d’investissements colossaux, pour un revenu dérisoire. « L’État doit agir et accompagner ces éleveurs à se reconvertir ou à quitter le métier dignement, déclare-t-il. Sur le plan du développement des systèmes alternatifs, nous ne pouvons plus tolérer pendant les mois qui viennent de nouvelles installations de poulaillers, le marché est saturé. Il faut faire une pause. »

ELO Santé Nutrition

LES SOLUTIONS POUR RÉDUIRE L'UTILISATION DES TRAITEMENTS EN ÉLEVAGE

● 15 webinaires animés par nos rédactions et par nos partenaires
● Posez vos questions auxquelles les intervenants répondront en direct
● Profitez d'un accès libre et gratuit sur simple inscription en ligne