Volailles de basses-cours : la filière craint l’abattage, faute de débouchés

10 avril 2020 - Filières Avicoles

Suite à la fermeture des marchés de volailles vivantes pour cause de Covid-19, les éleveurs de volailles pour basses-cours n’ont plus aucun débouché pour leurs produits. Ils tirent aujourd’hui la sonnette d’alarme.

Le 20 mars dernier, la Cnada — Comité National d’Action et de Défense des Aviculteurs — adressait un courrier au ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation ainsi qu’à l’Association des Maires de France pour les alerter sur les grandes difficultés rencontrées par les petites structures indépendantes d’élevage de volailles pour basse-cour en France.

Les éleveurs adhérents au Cnada, affiliés aussi au CNPO (Comité National pour la Promotion de l’œuf), s’unissent aujourd’hui pour tirer la sonnette d’alarme.

Leurs clients à l’échelle nationale — les revendeurs d’œufs, de poules pondeuses et d’autres volailles sur les marchés, ainsi que les jardineries-animaleries, qui proposent aux particuliers des poules de compagnie — ne passent plus commande. Et pour cause ! Les marchés sont pour la plupart fermés et les jardineries-animaleries encore ouvertes ont pour consigne de ne plus vendre d’animaux vivants.

4 % des œufs consommés en France issus des basses-cours

Les éleveurs en appellent aux pouvoirs publics afin de considérer les achats de poules à destination des particuliers comme des achats « de première nécessité » au même titre que la vente de plants potagers qui a récemment été autorisée.

« La demande en œufs explose en grande surface (+30 %) et nous pouvons participer à satisfaire cette forte demande avec nos nombreuses poulettes fermières prêtes à pondre, qui pourraient fournir les marchés ou être accueillies chez les particuliers désireux de s’assurer de bons œufs frais quotidiens », affirme Patrick Mille, Président du Cnada.

Patrice EVIN, responsable des Volailles Lamballaises dans les Côtes-d’Armor rappelle de son côté que l’autoconsommation représente 4 % de la consommation d’œufs en France.

 « Ne pas autoriser l’achat de poules pondeuses destinées à l’autoproduction renforce encore la pression sur la demande en œufs dans les magasins », ajoute-t-il.

Depuis le 16 mars malgré les initiatives prises pour pallier la fermeture des marchés de volailles vivantes ou des jardineries-animaleries, seulement 15 % des animaux sont commercialisés, il va donc manquer 85 % des volailles dans les basses-cours pour l’autoconsommation.

Cette situation pose par ailleurs la question du bien-être animal : les volailles sont désormais en surnombre dans les élevages et trop âgées. De ce fait, « elles dépérissent. On ne les a pas élevées pour leur faire vivre ça, sans pouvoir y faire quoi que ce soit ! » déplorent plusieurs éleveurs.

Les représentants de la filière demandent donc une réouverture urgente des marchés pour les volailles vivantes, les foires et la reprise des ventes des poules dans les animaleries, tout en respectant évidemment les règles de biosécurité et de gestes barrières imposés par l’État. En l’absence de solution, cette filière craint l’abattage de près de 700 000 poulettes prêtes à pondre et de 880 000 volailles (poulets et pintades) pour les éleveurs dédiés aux circuits courts, d’ici à fin avril, ce qui aurait sans nul doute un impact économique sur les éleveurs.

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