Autovaccins, l’alternative aux antibiotiques qui a la cote

26 avril 2021 - Chloé GWINNER

Parmi les solutions alternatives aux antibiotiques, les autovaccins rencontrent de plus en plus de succès. Hilde Van Meirhaeghe, consultante vétérinaire pour Vetworks revient sur les avantages de cette solution.

Quels sont les avantages des autovaccins ?

Les autovaccins sont de plus en plus souvent utilisés en Belgique, notamment avec les nouveaux variants lorsque les vaccins commerciaux disponibles ne sont pas encore adaptés.

C’est un enjeu important dans le cadre de la réduction de l’utilisation des antibiotiques. Pour les colibacilloses ou les pasteurelloses par exemple, les vaccins commerciaux ne permettent pas toujours de maitriser la situation. Tandis que les autovaccins peuvent être plutôt efficaces.

L’autovaccin présente aussi l’avantage de pouvoir mettre jusqu'à quatre pathogènes différents dans une injection, ou plusieurs souches de colibacillose par exemple.

Quelles sont les maladies pour lesquelles l’autovaccin est particulièrement recommandé ?

Pour la colibacillose, ça marche bien. Mais souvent, on conseille de faire le vaccin commercial et l’autovaccin. Car l’autovaccin est toujours inactivé : on isole le pathogène, on le tue et on l’utilise comme antigène pour que les volailles développent des anticorps. En revanche, les vaccins commerciaux vivants donnent toujours une meilleure immunité locale. Donc l’association des deux est recommandée pour une meilleure efficacité.

Pour des variants de bronchite infectieuse également, lorsqu’il n’existe pas encore de vaccin développé, comme c’est le cas en ce moment en Belgique et aux Pays-Bas, on utilise des autovaccins.

Pour la pasteurellose aussi, il y a des vaccins commerciaux. Mais comme il existe différents sérotypes de Pasteurella, les autovaccins fonctionnent bien.

Idem pour d’autres maladies virales comme les infections à adénovirus ou réovirus, on obtient souvent de meilleurs résultats avec les autovaccins qu’avec les vaccins commerciaux.

Quels conseils donneriez-vous pour bien réussir l’autovaccin ?

Le plus important est d’isoler la souche qui est en cause. Par exemple avec la colibacillose, il existe de très nombreuses souches, mais seulement certaines causent la maladie. On recommande donc de prélever le pathogène dans les endroits non contaminés comme à l’intérieur de la moelle présente dans les os longs (ex. : fémur). On évite ainsi le risque de contamination avec des fientes. Même chose en cas de lésion de péricardite, on prélève dans le péricarde, car c’est un sachet fermé, sans risque de contamination fécale.

Ensuite, lors de la préparation de l’autovaccin, le choix de l’adjuvant est important, car il va stimuler l’immunité. Le laboratoire qui prépare l’autovaccin doit avoir une bonne connaissance des différents adjuvants et de leurs intérêts respectifs.

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