Un sixième lot en éclosion à la ferme pour Valentin Moreau

5 décembre 2022 - Maëva Jégou

C’est le sixième lot de poussin qui éclot dans le poulailler de Valentin Moreau, et son 12e lot au total. Valentin est éleveur de 40 000 poulets de chair à Amné (53), en partenariat avec Huttepain aliment.

« J’ai découvert le NestBorn chez un ami j’ai trouvé ça intéressant, d’autant plus que ça me permet de ne pas avoir à trouver du personnel pour effectuer la mise en place des poussins, là je suis seul avec le chauffeur qui transporte les œufs », argumente-t-il. Ainsi « j’ai appelé Avi-Loire pour leur faire part de mon souhait, ils ont échangé avec le planning de Huttepain Aliment », explique-t-il.

Dans un fonctionnement « classique » l’éleveur reçoit un poussin d’un jour, il est facturé 100 poussins, et il est livré 102. Seule la France a cette pratique en Europe. Avec l’éclosion à la ferme via le NestBorn, « l’éleveur se fait livrer 41 550 dans le cas de Valentin, puis il compte les œufs non éclos (entre 1,5 et 3 %) et le “tri” des poussins non viables, ainsi à J7 il obtient le nombre de poussins qu’il déclare à Avi-Loire. C’est ce nombre de poussins qui lui sera facturé », explique Olivier Sionneau, responsable volailles France du pôle amont de LDC. Ce système de facturation permet « une relation de confiance entre le couvoir et l’éleveur, et l’éleveur prend aussi conscience du travail effectué en couvoir », poursuit-il. En effet, « ce que tolère un poussin lorsqu’il arrive à l’élevage, un œuf ne va pas le tolérer car un écart de 1 ou 1,5 °C a des conséquences sur l’éclosion », illustre-t-il. Afin de contrôler au mieux la température des œufs, huit ovoscans sont répartis au sein des œufs. Chaque ovoscan accueille quatre œufs, la température coquillère doit être de 100 °F (37 °C) afin que l’œuf soit viable. « Je suis la température de chaque ovoscan sur mon smartphone, au-delà de l’information sur la température coquillère, ils permettent d’estimer l’avancement de l’éclosion au sein du poulailler », détaille Valentin. Avi-Loire reçoit également les températures des ovoscans ce qui leur permet d’être alertés en cas de problème.

Afin d’accueillir au mieux les œufs, Valentin suit un protocole précis, pour ce lot « j’ai utilisé de l’anas de lin, c’est bien isolant, et je chauffe le poulailler à 36,2 °C. Il y a un surcoût lié au chauffage ainsi qu’en litière (300 €) pour le “nid” », informe-t-il. « Ce qui est important ce n’est pas le type de litière mais que l’œuf soit à bonne température », complète Olivier Sionneau. Les premiers jours Valentin prend la température cloacale d’une 20 aine de poussins « elle doit se situer entre 39,5 et 40 °C, à J4 on baisse la température de consigne du poulailler », précise-t-il.

Un meilleur démarrage meilleure marge PA

« Les premières heures et premiers jours je conserve les poussins dans la pénombre afin qu’ils ne soient pas trop stimulés, la fenêtre d’éclosion est de trois jours, s’ils accèdent trop rapidement à l’alimentation et à l’eau cela crée une hétérogénéité au sein du lot », souligne Valentin. Par ailleurs, « l’eau qui est proposée au poussin doit être fraîche, et de bonne qualité, ainsi j’effectue cinq purges par jour. Je dispose de l’eau du réseau et utilise du peroxyde 1,5 % durant le vide sanitaire, et à 400 ppm en cours de lot », précise Valentin.

En comparaison avec les poussins arrivés à un jour « avec le NestBorn nous avons de meilleurs démarrages, probablement car les poussins ne sont pas manipulés après l’éclosion et lors du chargement/déchargement, ils n’ont pas fait plusieurs heures de transport, ils ont bénéficié de conditions d’accueil idéales en élevage », détaille Olivier Sionneau. Ainsi, les éleveurs constatent un meilleur GMQ, une moindre mortalité, un meilleur IC, toutefois, « il y a un surcoût de gaz lié au chauffage et à la main d’œuvre pour le comptage des œufs non éclos (deux heures à deux heures et demie de travail pour quatre personnes), et l’éleveur doit travailler en tout-venant, car l’ovosexage en volaille de chair n’est pas mis en place », prévient-il. De son côté Valentin a dégagé une marge poussin/aliment qui augmente en moyenne de 85 cts/m², entre 0,6 cts et 1,10€/m².

Concernant la vaccination, la première vaccination BI ne peut pas être effectuée au couvoir, par conséquent « je mélange ma solution contre la BI avec cinq litres d’eau minérale, puis je mets ma solution dans un pulvérisateur. Les animaux sont dans la pénombre afin qu’ils restent calmes et je vaccine par pulvérisation. Équipé d’une lampe frontale avec lumière rouge, je vois les poussins qui secouent la tête ce qui m’informe qu’ils ont bien été atteints par les gouttelettes », détaille Valentin. Puis le schéma vaccinal est classiquement suivi.

Plus d’informations lors du webinaire « Eclosion à la ferme » le 15 décembre prochain avec le témoignage de Valentin Moreau, Olivier Sionneau et BD France.
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