Vacciner Gumboro en élevage : les bonnes pratiques

« Une vaccination en élevage, lorsqu'elle est correctement réalisée, protège l'animal contre la Gumboro aussi bien qu'un vaccination pratiquée au couvoir », a affirmé Pierre Riner, responsable du développement des gammes vaccins et biocides pour le laboratoire Elanco. Ce dernier a ainsi rappelé toutes les règles à respecter pour garantir la réussite d'une vaccination par eau de boisson. « Pour garder les virus vaccinaux vivants jusqu'au oiseaux, il faut veiller à bien respecter les conditions de conservation : ne pas les congeler, les protéger de la lumière directe du soleil, les conserver à une température comprise entre 2 et 8°C, protéger la suspension reconstituée de la lumière directe du soleil et la conserver à une température inférieure à 25°C (à utiliser dans les 2 heures après reconstitution) », détaille-t-il.

Une bonne hygiène du matériel s'impose : pompe doseuse, bac, canalisations (pas de nettoyage-désinfection dans les 48 h précédant la vaccination), nettoyage à l'eau clair des abreuvoirs cloche ou des lignes de pipettes avant vaccination. L'eau utilisée doit être propre et potable, et les traitements d'eau arrêtés au minimum 2 jours avant vaccination. Avant de procéder à la reconstitution du vaccin, il faut également penser à se laver les mains à l'eau claire et sans désinfectant, le port de gants à usage unique est nécessaire.

Bien gérer les animaux

Seuls des animaux en bonne santé peuvent être vaccinés. Les lignes d'abreuvement doivent être purgées et remontées 1h30 avant l'heure prévue de la vaccination (pas plus, pas moins). Le non respect de ce laps de temps expose à une réponse vaccinale hétérogène.

La quantité d'eau nécessaire pour préparer la solution vaccinale correspond à 2 heures de consommation d'eau. Pierre Riner recommande de prendre comme référence « 1/5 de la consommation d'eau de la veille en ce qui concerne les lots de poulets du quotidien ». Il ne faut pas oublier d'ajouter du thiosulfate pour neutraliser toute trace de chlore avant d'ajouter les doses de vaccin (une dose par animal). Par ailleurs, l'ajout d'un produit colorant à la solution vaccinale est également recommandé afin de vérifier que l'opération a été correctement réalisée (contrôle sur 100 sujets : 25 à chaque coin du bâtiment, comptez les jabots ou les langues bleu, satisfaisant : au-delà de 95/100).

L'ouverture des flacons de vaccins se fait selon un protocole bien défini : dans un seau propre et uniquement destiné à la vaccination, verser de l'eau minérale jusqu'à moitié, plonger le flacon et l'ouvrir après immersion, laisser le lyophilisat se dissoudre, rincer le flacon, répéter l'opération selon le nombre de doses à reconstituer, homogénéiser avec un ustensile propre ou à la main équipée de gant, verser ensuite la préparation dans le bac d'eau stabilisée.

Concernant la distribution du vaccin, il faut descendre toutes les rampes d'eau du bâtiment en même temps, et augmenter l'intensité lumineuse pour inciter les oiseaux à boire. Attention au réglage de la hauteur des lignes qui doit permettre l'accès à l'ensemble du lot (le cou de l'oiseau doit être tendu) et à la pression des lignes pour éviter le gaspillage du vaccin. « Pendant la distribution, l'éleveur doit circuler dans le bâtiment pour inciter les animaux à boire », insiste Pierre Riner.

Après vidange complète du bac, il faut alors faire circuler 200 litres d'eau neutralisée afin de pousser le restant de solution vaccinale et de rincer le système d'abreuvement, et penser à ré-ouvrir le système d'eau classique après le chantier de vaccination.

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